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Troisième voyage 1992

Mercredi 23 janvier 2008
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Le "big bus" comme l'appellent les calédoniens c'est le Jumbo 747.
Me voila de retour à Paris, frigorifié.
Je démèle cette histoire d'aggios il s'agit en fait d'une date de valeur (date de voleur) sur un transfert qui a été saisie en erreur sur l'année précédente, donc j'ai du quitter la Calédonie pour rien du tout. Je reste décalé quelques Mois à vivre la nuit et dormir le jour, à aller tourner au circuit à moto et à faire des virées à Amsterdam, aller voir des courses moto en Europe, faire des courses moto moi même, la belle vie mais loin de ce Paradis où je rève de retourner et qui me met grave la nostalgie vous l'aurez compris.
Amitié à tous.
Par yopcompany
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Mardi 15 janvier 2008
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Quand tu as arrété de boire à Nouméa que faire pour te "casser" la tète ?
Ben aller dans un bar à Kava.
Le Kava est une préparation rituelle du pacifique qui se prend dans un rituel bien précis :
A la tombée du jour dans un lieu sans lumière ni le moindre bruit (à l'écart donc)
Une personne remue un liquide à température ambiante marron, il faut sans cesse mélanger car la poudre des racines de kava n'est pas soluble et se redépose. On te serre une demi coco remplie du liquide et il faut boire d'emblée tout le contenu. Puis tu vas t'asseoir avec les autres et ça commence à t'anesthésier la bouche puis la tète, c'est fait pour se décontracter. Au début tu trouves ça dégueulasse un gout de terre puis en fait tu y prends gout au fur et à mesure. J'en fait venir diverses sortes par internet un site Hawaien.
Vous le trouverez en tapant KULE A FARM KAVA. Il faut le boire avec des amis en respectant le rituel ni lumière ni bruit, c'est sympa, on partage des instants de détente.
Le président de la république n'y coupe pas et à sa sortie d'avion il a droit à une coupe quand il rend visite au roi de Wallis, MDR PTDR. Buvez du Kava c'est légal et amusant, mystique....
Par yopcompany
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Samedi 12 janvier 2008
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Je reviens à Nouméa, plus de peur que de mal seuls ma caméra vidéo et un chéquier métropolitain on été dérobés, le reste mes instruments audio et vidéo étaient bien cachés et mes comptes (de profession libérale) sont toujours là... Je suis en mauvaise santé, mon areignée sauteuse a du se venger du fait que j'ai voulu l'éclater et j'ai une grosse plaie au tibia (10 cm de large pleine de pue) je suis avant tout déçu d'avoir quitté le paradis d'Ouvéa. Je vais me consoler en fumant et en buvant plus que de mesure avec les potes.
J'ai fait opposition et demandé un autre chéquier en métropole... Et là quoi je reçois ? 3500 Francs d'aggios sur un relevé de compte alors que je suis censé avoir plein de fric, je me dis direct il y a un chèque en francs pacifiques qui est passé sur mon chéquier volé (10000 francs pacifiques = 550 francs français). Et bien sur impossible d'avoir des précisions téléphoniques avec ma BNP métropolitaine. Je flipe. Malgré tout je relativise et fait mes comptes pour ma déclaration d'impot libérale, au passage j'arrète de boire non sans mal, triste époque, j'ai du quitter Ouvéa et là je dois quitter la Calédonie pour des raisons financières à la con, quitter mon pote Manu.... Je reserve mon billet d'avion via Sydney, Java, Bankok. Ces derniers jours je me prend un petit Hotel sympa pour me reconforter et j'essuie un cyclone terrible, interdiction de sortir, les palmiers touchent le sol avec le vent sans mentir, ambiance de fin du monde, fin d'un monde pour moi.
  
Par yopcompany
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Mardi 8 janvier 2008
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Voici un piège à crabe des cocotiers, le truc c'est de planter une demi coco fraiche sur un arbuste, le crabe arrive à monter pour manger la coco mais il ne sait plus en redescendre donc il n'y a plus qu'à le "cueillir" la nuit. 
Les kanaks m'ont montré d'autres chasses comme la chasse à la roussette : les roussetes la journée dorment le plus souvent accrochées à un cocotier. Les kanaks coupent des branches en biseau et lancent avec dexterité la branche en la faisant tourner (chouf chouf chouf....) et la branche vient se planter dans la pauvre roussette endormie. Ce n'est pas une opération qui fonctonne à tous les coups et je n'y suis bien sur jamais arrivé, mais eux y arrivent. La roussette est très bonne à manger, c'est très fin, ça se mange sans faim.
Dans ma vie en tribu à Ouvéa j'ai oublié de dire que tous les soirs nous allions jouer au volley, c'est une activité mixte où les jeunes femmes participent, c'est très sympa.
Le Samedi les hommes jouent  au foot, le dimanche les femmes jouent au cricket mais je n'y ai jamais assisté à Ouvéa contrairement à Lifou où je les ai vues.
Je tarde un peu à parler de la suite de mon voyage de 1992 car il n'y a rien de marrant, un jour j'ai appris que les gendarmes me cherchaient et je me suis rendu à la gendarmerie (un bunker). Les gendarmes n'avaient rien d'ordinaire et à mon avis c'était directement le GIGN qui siègeait là, un blindé était dans la cour.... Les gendarmes m'ont appris qu'on avait braqué mon appart Baie de l'orphelinat à Nouméa et j'ai du quitter Ouvéa ça m'a fendu le coeur. Ma famille d'Ouvéa s'est montrée très solidaire et triste de mon départ. Je ne devais plus revenir à Ouvéa par la suite, c'est vraiment tiste cette histoire... Mais je sais que j'y retournerai un jour.
Par yopcompany
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Mercredi 5 décembre 2007
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J'arrive à Ouvéa le but de mon voyage !
Je me rend chez Kooma et je le trouve, il s'est marié et a un bébé, l'accueil est super et comme il a changé de lieu d'habitation il me propose de me pretter son ancienne case chez ses parents. C'est Kooma qui m'avait proposé de m'accueillir quand je voudrais deux ans auparavent. Je me rend compte que l'hospitalité Kanak n'est pas un vain mot et tout le monde dans sa famille me met à l'aise, le soir on fait la fête(ils ont solicité les voisins pour celà, la solidarité est énorme à IAAI). Je fais coutume avec le chef du village qui est très vieux et très gentil. Je comprend que je suis le bienvenu et que je reste tant que je voudrais. Faire coutume veut dire que je lui fait un cadeau et lui aussi me fait un cadeau. Je vous dis pas ce que c'est car on est dans l'illicite.
Le lendemain je fais des courses pour la famille d'Isidore le papa de Kooma, je lui dis que je voudrais vivre leur vie, les aider et lui accepte et me dit que je suis Kanak que je fais partie de leur famille et il m'explique que mes petits freres et soeur dans la famille me doivent aide et respect et je comprend que je dois aide et respect à Isidore sa femme et toutes les personnes plus vieilles que moi dans la tribu.
J'ai une grande case avec un habitant, une areignée enorme et sauteuse qui est sensée bouffer tous les moustiques qui oseraient s'aventurer, la nuit je l'entend marcher sur la natte où est posé mon matelas, brrrr.
J'ai une carabine dont je suis sensé me servir si des walisiens viennent m'embeter, une carabine non chargée, au début je croyais que c'était un gag. Mais ça fait partie de l'hattitude du sauvage : impressioner.
Les walisiens sont hyper impressionants mais on ne les cotoient pas, je pense que ces deux communautés vivent depuis des centaines d'années sans se cotoyer... Le fait est qu'on est venu secouer ma case une nuit, 'ai fait semblant de dormir hihi, pas sorti avec la carabine. Gag.
Le matin on déjeune, ce qui est marrant c'est qu'ils disent knife, spoon, falk au lieu de cuillere, couteau... En effet c'est la mission anglaise qui a introduit ces elements.
Ensuite on part à la queue leu leu pour traverser la foret et aller chasser dans l'océan, au début j'ai chassé mais à un moment j'ai perdu ma fleche qui devait etre mal accrochée et comme detoutes façons je chassais moins bien que les kanaks qui nagent comme des requins je me suis vite retrouvé avec comme tache de trainer le poisson au bout d'une corde. Les peches étaient miraculeuses : perroquets énormes, grosses loches aux épines empoisonnées, calamars gros comme une tete. J'avais une consigne si les requins tournaient autour du poisson je devais balancer un poisson leur donner. Les kanaks considèrent les requins comme leurs ancetres et les respectent beaucoup. Il n'y a pas eu une chasse où je n'ai vu de requin et c'était toujours des requins plus gros a chaque fois jusqu'au dernier coup où j'ai vu un requin bleu d'au moins 5m de long qui chassait comme un kanak le long du tombant, heureusement il n'est pas venu voir la grosse quantité de poissons que je tirais, ce jour là je suis sorti de l'eau....
Le midi nous mangions sous un faré assis en tailleur avec les doigts le poisson était agrémenté d'igname ou de tarot d'eau. Mon plat préféré était la salade tahitienne avec des gros morceaux crus (cuits au citron) de perroquet et une sauce de jus de coco. Les femmes faisaient le peu de vaisselle et nous nous allions faire la sieste allongés sous un autre faré dans le sens du doux vent.
Ensuite l'après midi nous construisions une case, ça a commencé par le choix, la découpe et le dépeuçage des trons d'arbre en forêt, un bois hyper lourd puis nous avons creusé les trous dans le corail à la barre à mine (aïe mes mains d'informaticien) puis disposé les poteaux ça a duré plusieurs semaines. Ces habitations sont anticycloniques c'est sur.
Le soir avec Kooma nous nourissions les cochons, kooma montait aux cocotiers puis coupait avec son "couteau" (un sabre) les cocos.
La nuit après manger nous nous réunissions pour parler et des fois boire entre hommes, ils faisaient l'effort de parler Français mais beaucoup d'histoires étaient en IAAI leur langage vernaculaire.Quand quelqu'un arrive il se courbe et ne coupe pas la conversation et va s'asseoir dans un coin Les femmes étaient à part et rigolaient entre elles ou parfois jouaient au bingo.
Les samedis nous disposions un grand filet dans le lagon (à 5m d'où nous habitions) et nous faisions des grillades de blanc blanc.
Le dimanche nous faisions le BOUGNA ça occupait toute la matinée, faire les grosses braises, les habiller comme un mur de cailloux puis recouvrir le tout de sable puis de nattes tréssées (cuisson 2 heures). Le bougna lui même est un embalage de feuilles de bananier liées qui contient du poisson ou du poulet et de l'igname des tarots d'eau, ça cuit à l'étoufée, c'est génialement bon.
Avant de manger Isidore signait le pain et disait le benédicité.
Repos le week end en somme...

Pour se laver j'allais dans un gros trou d'eau qu'on m'avait indiqué, malgré que toute la famille se lave là l'eau était toujours impide, on appelait ce trou d'eau "soir de Paris".

Isidore et sa femme sont en quelque sorte les "sorciers" de la tribu et connaissent toutes les plantes pour guérir ou se purger(j'y ai eu droit comme tout le mond beuark). Les kanaks venaient se faire soigner ici et même tous les matins un enfant autiste venait se faire doucher d'une eau avec des plantes pour essayer de le ramener dans notre réalité.

La vie à Ouvéa passe à un autre rythme nous n'avons pas d'informations nous nous sentons libres, sauvages.
et puis on fume et on bois au marché noir.
JE VEUX VIVRE A OUVEA, J'AURAIS AIME ELEVER MES ENFANTS LA BAS ET LES ENVOYER A L'ECOLE KANAK LIBRE.

Pascal.

Par yopcompany
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Lundi 19 novembre 2007
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Je retourne en Calédonie pour m'y installer mon but étant d'aller vivre à Ouvéa.
J'ai tout largué et fait cessation d'activité j'étais en profession libérale.
Arrivé en Calédonie je retrouve Manu et les potes, je retourne au même hotel et je cherche un appart, manu me prette sa deuch. On fait bien la teuf et j'alterne entre boites et casino, une fois je m'endors ivre mort sur la plage à l'anse vata, heureusement personne ne m'a braqué.
Je trouve un appart à la baie de l'orphelinat c'est idéal car c'est placé entre le quartier latin où je suis tout le temps fourré la journée et la baie des citrons où je vais le soir. J'habite le rez de chaussée chez un ginéco, je suis bien j'ai le jardin derrière avec fleurs et bananes. Une fois toujours bien ivre je m'endors avec la fenêtre ouverte et on me vole mes chaussures, ça ça ressemble à un kanak car il y a un tas d'instruments vidéo à voler mais on me pique juste mes chaussures bizard. Je me meuble très simplement, un clic clac, une commode.
Vous noterez que mes cheveux ont poussé, la photo ci-dessus est prise dans le sud où nous avons passé un week-end à cinq pour délirer en 4X4 et fait un campement pour la nuit sur un ancien bagne. L'endroit est hanté et je fais des cauchemars bien cassé et imbibé encore. Le lendemain nous nous baignons dans un trou d'eau près d'une cascade c'est idylique, quand nous revenons au campement il  y a le feu, notre feu de la veille s'est propagé avec le vent, nous eteignons comme nous pouvons, je vous dit que cet endroit est hanté...
J'ai la belle vie mais je bois trop, ça déborde, je décide qu'il est temps de partir à Ouvéa seul. J'emporte palmes masque et tuba, quelques shorts et t-shirt et je planque l'electronique dans l'appart, j'aurais pas du vous l'aprendrez par la suite, en plus si j'avais emmené ma caméra à Ouvéa j'aurais des films... Mais j'avais décidé de vivre une vrai vie de sauvage sans fioriture, une vie modeste de kanak.
Par yopcompany
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